06/09/2007

Lounis Aït Menguellet


Lounis Aït Menguellet :est un chanteur Kabyle, né le 17 janvier 1950 à Ighil Bouammas (« le côteau du milieu »), petit village niché dans les chaînes montagneuses du Djurdjura, près de Tizi Ouzou en Algérie.
Lounis Aït Menguellet est certainement l'un des artistes les plus populaires et les plus attachants de la chanson kabyle contemporaine, un poète qui est devenu le symbole de la revendication identitaire berbère. À propos des évènements qui ont secoué la Kabylie ces dernières années, il dit que, égale à elle-même, la région est un bastion de la contestation et qu’elle a toujours été à l’avant-garde des luttes. « Je parle de la Kabylie à ma façon, afin d’apporter quelque chose pour que les choses évoluent », avant de s’empresser d'ajouter qu'il ne fait jamais de politique.
La carrière de Lounis Aït Menguellet peut être scindée en deux parties selon les thèmes traités : la première, plus sentimentale de ses débuts, où les chansons sont plus courtes et la seconde, plus politique et philosophique, caractérisée par des chansons plus longues et qui demandent une interprétation et une lecture plus approfondie des textes. Ahkim ur nsaa ara ahkim (Pouvoir sans contre-pouvoir), Idul sanga anruh (Le chemin est long), Nekni swarach n ldzayer (Nous, les enfants d’Algérie) : Aït Menguellet choisit délibérément dans ses concerts récents de chanter ces poèmes, plus longs et plus composés, comme une invitation lancée à son public à une réflexion et à une découverte.
En présentant son nouvel album à la presse, le 16 janvier 2005, à la veille de sa sortie le jour de son cinquante-cinquième anniversaire, à la Maison de la Culture de Tizi Ouzou, Lounis a fait remarquer que « l’artiste ne fait qu’attirer l’attention des gens sur leur vécu et interpeller leur conscience. C’est déjà une mission et je ne me crois pas capable d’apporter les solutions aux problèmes ». Aigri par la situation sociale et politique de son pays déchiré, Lounis puise de moins en moins dans son répertoire de chansons sentimentales qui ont caractérisé ses débuts

Dernier né d’une famille de six enfants - il a trois sœurs et deux frères -, Lounis Aït Menguellet nait dans le village d'Ighil Bouammas, près de Tizi Ouzou le 17 janvier 1950, un peu plus de quatre ans avant le déclenchement de l'insurrection qui apportera, après huit années d'une guerre sans merci, l'indépendance à son pays.
Il a vécu une enfance difficile, partagé entre sa région natale et Alger où il s'installera un temps chez ses frères Smail et Ahmed. Ses parents exerçaient une activité de commerçants. « Ma famille avait pour tradition le commerce. On avait une sorte de ferme et des magasins dans l’Oranais, à Rahouia. Les hommes y allaient à tour de rôle pour faire marcher les commerces. Les femmes et les enfants restaient en Kabylie ». Il aura à peine le temps de commencer ses études primaires à l'école de son village : « J’y suis allé pendant une année, avant que l’école ne soit détruite, brûlée par les Moudjahiddines ».
La suite ? « Elle a été un peu compliquée. J’ai tenté de reprendre les études au village, et j’ai fait quelques années encore avant l’indépendance. Puis, après 1962, je suis parti avec mes frères sur Alger où j’ai repris le cursus primaire dans une école aux Champs de Manœuvres, et de là, j’ai atterri au collège d’enseignement technique dans lequel je suis resté trois ans ».
Au cours de la dernière année, Lounis doit tout abandonner après la mort, dans un accident de la circulation, de son grand frère, jeune commissaire de police à Alger, qui l’avait à sa charge et s'occupait de lui depuis le départ du père à Oran.
Pendant ses études - il suit une formation d'ébéniste dans un collège technique - il s'éprend de Littérature, grâce à un professeur particulièrement pédagogue, et commence à écrire des poèmes, qu'il chante dans la plus pure tradition orale de la poèsie berbère.
Obligé de travailler pour vivre, Lounis trouve un emploi de secrétaire subdivisionnaire au ministère des Travaux publics. Mais, parallèlement, il commence à se lancer dans la chanson, sans penser encore à devenir chanteur.Ses débuts dans la chanson remontent, à l'année 1968. Il avait à peine dix-huit ans lorsqu'il crée avec quelques copains le groupe Imazighen. « On était des débutants, on a beaucoup bourlingué, fait des galas, des fêtes un peu partout en Kbylie. Je me rappelle bien de ce gala qu’on avait fait à la salle des fêtes de Tassaft. Elle était archicomble, et j’en garde un très bon souvenir. C’était notre premier gala réussi, ça nous a vraiment galvanisés ». Des pères blancs avaient mis à leur disposition une pièce pour que le groupe puisse répéter. Et au 1er étage, Mouloud Mammeri dispensait des cours de Tamazight; Lounis apprendra l'alphabet Tifina grâce à l'écrivain.
Un an plus tôt, en 1967, son cousin Ouahab l’avait pris presque de force pour l’emmener subir l’incontournable et très redouté passage à l’émission Nouva Ihafadhen de la Radio kabyle que Cherif Kheddam, une grande figure de la modernisation de la chanson Kabyle, consacre à la découverte des « chanteurs de demain ». Il y chante sa première chanson, composée en 1966, à l'âge de seize ans, à la suite de sa première (et dernière, avouera-t-il plus tard) déception amoureusee, Ma trud ula d nek kter (Si tu pleures, moi je pleure encore plus). Celui qui avait l'habitude de chanter entre copains sous le clair de lune d'Ighil Bouammas, son village natal, devient, en quelques mois, cette idole qui bouleverse les cœurs. Sa carrière est lancée.
Ce cousin s'occupait du groupe, et jouait un peu le rôle de manager. « C’est lui qui m’avait vraiment poussé à y aller. Dans le temps, il était au groupe comme un manager, il nous débrouillait des galas, le transport. Il était très actif avec nous jusqu’en 1970. Puis, je suis rentré au village, les autres se sont dispersés, et le groupe a fini par disparaître. Mine de rien l’expérience a quand même duré près de trois ans ».
De retour chez lui à Ighil Bouammas, Lounis est recruté comme secrétaire à la Kasma de la région, et il se marie. Mais il doit quitter son travail, après seulement quelques mois d’exercice, pour partir sous les drapeaux. Sa première fille - il aura au total six enfants - vient au monde alors qu’il accomplissait son instruction à Blida, avant d’aller faire ses dix-huit mois à Constantine.
C’est également pendant cette période que Lounis prendra son véritable départ dans la chanson. Toujours grâce à son cousin Ouahab, qui avait pris contact avec un éditeur, Yahia L’hadi (qui était aussi un célèbre chanteur arabe oranais), il enregistre en 1969 à Oran quatre chansons; dont la toute première, Ma trud ula d nek kter, pour ses deux premiers 45 tours, sortis en même temps.
Avec l'aide d'un de ses amis, Kamel Hamadi, il surmonte les obstacles imposés par la vie militaire pour continuer à enregistrer : « Kamel m’avait, en fait, beaucoup aidé à foncer. Je venais en permission le week-end, et il me réservait à l’avance le studio de Mahbou Bati à Alger pour enregistrer. À l’époque, c’était des 45 tours. Je laissais alors la bande à Kamel pour chercher un éditeur, s’en occuper, et moi je reprenais le train pour Constantine le dimanche en soirée ».
C’est ainsi qu’il ne se rendra compte du succès remporté par son second tube A Louiza, qui avec Ma selber assure définitivement sa popularité, que plusieurs mois plus tard. « Je n’en savais absolument rien. Moi j’étais loin, à Constantine enfermé dans une caserne… ».

Aït Menguellet était sans doute loin d’imaginer qu’il venait d’entamer une longue carrière, et que, par la suite, cette période des débuts serait qualifiée « d’années d’or », titre donné en 1987 à la réédition de ses premières chansons. À ce sujet, il précise avec modestie : « Ce titre je n’ai jamais eu la prétention de le proposer. C’est l’éditeur qui s’en est servi sans même m’aviser. Je n’aurais jamais osé. Je l’ai découvert comme tout le monde sur les jaquettes des cassettes rééditées. Alors s’il est mauvais je ne suis pas responsable, et si les gens ont trouvé qu’il convient, je n’ai aucun mérite non plus ».
Dès le départ, il se situe en rupture avec les orchestrations luxuriantes (et souvent inutiles à son avis) de la musique « berbère » de cette époque. Son langage est à la fois poétique et revendicatif. Il est devenu un symbole de la musique amazighe, à tel point qu'on l'a souvent qualifié de Brassens kabyle.
Dans les années soixante-dix, il s'installe quelque temps en France, où il s'impose comme l'une des grandes figures de la chanson kabyle dans l'émigration. Il passe une première fois à l'Olympia en 1978, fait le plein au Zénith de Paris en 1985, et remplit toujours les stades de Tizi Ouzou, de Béjaïa et la salle Atlas à Alger. À partir de cette période, il commence à devenir le symbole de la revendication identitaire berbère qu'ii exprimera de façon éclatante une décennie plus tard, lorsqu'il délaissera les chansons sentimentales de ses débuts pour adopter un style plus philosophique, plus politique, qui ira en s’affirmant avec des chansons fondatrices comme Agu (le Brouillard), Tibratin (Missives) et surtout Idaq wul (le Cœur oppressé).
Les gens se reconnaissent dans le malaise social dépeint par Aït Menguellet. Ses textes contiennent cette dose de subversion nécessaire à la prise de conscience d’un peuple qui revendique son identité. Lounis Aït Menguellet dérange. Le 25 octobre 1985, il est condamné à trois ans de prison ferme pour « détention illégale d’armes de chasse et de guerre ». Il est mis en isolement durant trois mois. Malgré les aléas de la conjoncture et de l’ingratitude humaine, il reste le plus populaire des chanteurs kabyles. Et surtout le plus dense et le plus profond. Parce qu’il a su garder sans doute un parfait équilibre entre l’inspiration et la technique et qu’il constitue un moment fort de la chanson kabyle moderne et de la chanson algérienne contemporaine.

Après près de quarante ans de carrière, plus de 200 chansons produites (il affirme être incapable lui-même d'en donner le nombre exact) et une notoriété bien établie, Lounis Aït Menguellet est toujours resté « ce campagnard fier », « ce montagnard au fort caractère », essayant de couler des jours paisibles dans son village d'Ighil Bouammas près de Tizi Ouzou. « La vie au village n’est pas aussi ennuyeuse qu’on le pense. Le village où l’on est né présente des attraits que d’autres personnes ne peuvent pas voir. Le fait de me réveiller le matin et de voir la même montagne depuis que je suis né m’apporte toujours quelque chose. »
Victime d'un lynchage en 2001, lié à la situation difficile que connait l'Algérie depuis le début des années 1990, il écrit deux ans plus tard Nedjayawen amkan (On vous a laissé la place), qui est censée être une chanson-réponse à cet évènement dont il refuse de parler.
En 2005, il sort un nouvel album Yennad Umghar (Le sage a dit), et fait remarquer que la sagesse qu’il chante dans ses chansons est puisée chez les petites gens qu’il côtoie. Le titre le plus long de l'album - il dure 8' 22" - Assendu n waman (Les brasseurs de vent) dénonce à la fois les manipulateurs d’opinion qui ont un rang officiel, mais également, toutes les voix officieuses, partisanes, généralement adeptes de la politique politicienne. Lounis constate que les brasseurs de vent « viennent, promettent. Et reviennent, oublient. Et disent, c’est ainsi que se font les choses ». Nul acteur politique n’est épargné, et c’est justement ce que certains reprochent à Aït Menguellet : son manque d’engagement. Il rétorque qu’il n’est pas chanteur engagé par vocation. Lui, il est humaniste, rebelle, observateur et porte-voix des petites gens, des humbles, de toutes ces voix écrasées par toutes sortes d’hégémonies, que l'on ne laisse jamais s'exprimer.

Ni philosophe, ni penseur, tout juste poète (« on me le dit si souvent que je commence à y croire »), Lounis s'interdit, dans ses chansons, de donner des leçons. « Je ne fais que de l’observation. Elle peut être juste ou fausse. Mes mots ne sont pas des vérités générales. Mais, quand je les dis, ça me fait du bien ». Avec des mots simples, il raconte la vie des gens simples qu'il cotoie, et sait transmettre une émotion qui touche un public de plus en plus nombreux, qui se presse à ses concerts. Et, avec modestie, il ajoute : « Je suis un homme ordinaire, plus ordinaire que les ordinaires ».
La voix envoûtante et profonde de Lounis Aït Menguellet porte un chant qui vient du fond des âges ; c'est celle des troubadours du Moyen Age
, celle des musiciens traditionnels de tous les peuples qui ont su préserver leur âme. Par sa seule magie, cette voix chaude transporte ceux qui l'écoutent au cœur de la Kabylie. Troubadour, chanteur-compositeur, Aït Menguellet perpétue cette tradition orale des montagnes kabyles qu'a si bien mise en évidence avant lui le grand poète Si Mohand, décédé en 1906, et qu'a chantée Taos Amrouche, sœur du poète Jean Amrouche, décédée en exil, en Tunisie.

Dans un texte à propos de la défense de la langue kabyle, le grand écrivain algérien Kateb Yacine, décédé en 1989, rend hommage à Lounis Aït Menguellet :
« (…) Et comme l'ignorance engendre le mépris, beaucoup d'Algériens qui se croient Arabes - comme certains s'étaient crus Français - renient leurs origines au point que le plus grand poète leur devient étranger :
J'ai rêvé que j'étais dans mon pays
Au réveil, je me trouvais en exil
Nous, les enfants de l'Algérie
Aucun coup ne nous est épargné
Nos terres sont devenues prisons
On ferme sur nous les portes
Quand nous appelons
Ils disent, s'ils répondent,
Puisque nous sommes là, taisez-vous !
Incontestablement, Ait Menguellet est aujourd'hui notre plus grand poète. Lorsqu'il chante, que ce soit en Algérie ou dans l'émigration, c'est lui qui rassemble le plus large public ; des foules frémissantes, des foules qui font peur aux forces de répression, ce qui lui a valu les provocations policières, les brimades, la prison. Il va droit au cœur, il touche, il bouleverse, il fustige les indifférents :
Dors, dors, on a le temps, tu n'as pas la parole.
Quand un peuple se lève pour défendre sa langue, on peut vraiment parler de révolution culturelle »
Kateb Yacine (Extrait de « Les ancêtres redoublent de férocité »).

Idir


Idir, (Hamid Cheriet): est un chanteur kabyle né en 1949 à Aït Lahcène à Tizi Ouzou e Algerie. Son nom d'artiste signifie en Tamazight: "Il vivra", nom traditionnellement donné à un enfant né difficilement, pour l'encourager à vivre. Fils de berger, Idir décida d'étudier l'architecture et était destiné a une carrière dans l'industrie pétrolière algérienne. L'avenir va cependant le diriger sur un autre chemin. En 1973, il démarre sa carrière par hasard en remplaçant une chanteuse, pour qui il avait composé une berceuse, à Radio alger et interprète une chanson qui va devenir son premier succès radiophonique :Rsed A Yidess qui signifie "Que le Sommeil Tombe".
En 1975, il vient à Paris signer un contrat avec Pathé Marconi qui lui produit son premier album "A Vava Inouva", dont ce titre sera un tube planétaire: il traversera 77 pays, sera traduit en 15 langues... La version française a été interprétée par le duo David Jisse et Dominique Marge en 1976, avec des paroles poétiques et une voix de femme très douce.
En 1979, il sort un nouvel album, Ay Arrac-Nne.
En 1999, Idir enregistre Identités, dans lequel il réunit Manu Chao,Dan Ar Braz, Maxime le Forestier, Gnawa Diffusion ou encore Zebda.
Style de musique
La musique d'Idir naît de l'association de différents instruments, mais celui qui est à la base de son œuvre est bien la flûte du berger kabyle. Il s'agit d'ailleurs du premier instrument dont il a appris à jouer dès son plus jeune âge. Les sonorités entremêlées des guitares, flûtes et autre derboukas caractérisent la musique d'Idir. Bien qu'écrites en kabyle, ses chansons ont une portée universelle et se veulent mondiales. D'où le qualificatif de World music souvent donné à cette œuvre. Les sujets de ses chansons recouvrent différents thèmes comme l'exil (A Vava Inouva) , la fête (Zwit Rwit) ou encore les souvenirs (Cfir).
Ce style de musique se veut profond, déclenche l'émotion et la nostalgie. Bon nombre des chansons d'Idir ont fait l'objet de reprises multiples, et elles ont toujours - année après année - une place de choix dans la programmation musicale des mariages kabyles (et autres).

Takfarinas


Takfarinas: est un chanteur kabyle né en 1958. Il est né à Tiksraine, a la wilaya de tizi ouzou en Algérie, dans la banlieue d'Alger. Il vit en France depuis 1979. Ses textes rendent hommage à la culture kabyle, mais s’en échappent quelquefois pour aller vers des appels engagés qui constituent sa signature. Le style nouveau dans lequel il s'investi s’appelle le yal. Il parvient a populariser la musique kabyle méconnue du grand public en Europe.
Issu de la quatrième génération d'une famille de musiciens, il grandit dans son village natal Tiksraine dans la proche banlieue d'Alger. Déjà vers l'âge de six ans, il improvise la fabrication d'une quitare avec un bidon d'huile de moteur de voiture et des câbles en métal de freins de vélo. Très tôt le jeune Takfarinas s'intéresse aux artistes de Chaâbi comme M'Hamed El Anka, Cheikh El Hasnaoui (le "chantre de l'amour"), Slimen Azem . Takfarinas possède une voix timbrée au registre large et impose une création et un style musicale très personnel à plusieurs facettes. L'instrumentation préférée de Takfarinas est d'accompagner ses chanson par une mandole électrique qui permet des sonorités à deux genres: mâle et femelle, caractérisée par la musique berbère.
En 1976, il enregistre sa première bande à Alger, mais renforcera son image de chanteur en France, en 1979, en enregistrant son premier album. En 1981, il forme le groupe Agraw avec Boujema Semaouni qui durera quelques années. Il sort Wa i telha et Arrach, en 1986, qui se vend à un million de copies. En 1989, la sortie de "Irgazen et mi d ih", un double CD, lui fait reconnaître une renommée de la scène internationale. Il sort en 1994, un autre album intitulé "yebb’a rremman" bien classé au World Music Europ Charts. Mais c'est avec son album "Zaâma Zaâma" qu'il obtient un son plus grand succès.
Takfarinas réoriente son style avec l'album "paix et salut", en hommage aux artistes algériens victimes de la répression. En 2004, ce sera un album intitulé "Honneur aux dames", où Takfarinas exprime une révolte face à l'oppression des femmes algériennes

Abdelaziz Bouteflika (actualement president de l'Algerie)


Abdelaziz Bouteflika : est un homme d’État algérienne qui exerce les fonctions de président de la république d'algérie depuis le 15 avril 1999. Il est depuis février 2005 président d'honneur du parti FLN.
Abdelaziz Bouteflika né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc). Il est le premier enfant de sa mère et le deuxième de son père, Fatima étant sa sœur aînée. Il a quatre frères (Abdelghani, Mustapha, Abderahim et Saïd), une sœur (Latifa) et trois demi-sœurs (Fatima, Yamina et Aïcha).
Abdelaziz Bouteflika vécut et étudia à Oujda, puis quitta l’école en 1950 pour rejoindre l’école Hassania de Scout, avant de devenir moniteur. En 1956, il rejoint l’ALN à Oujda, mais Abdelaziz Bouteflika n’a alors jamais porté d’arme ni combattu en AlgérieIl rentre en Algérie après le cessez-le-feu de 1962. Il se marie en août 1990 avec Amal Triki, fille d’un ancien diplomate, Yahia Triki. Le couple n’a pas d’enfant.

En 1956, l’Armée de libération nationale (ALN) ordonne à tous les étudiants algériens de rejoindre ses rangs. Abdelaziz Bouteflika rejoint l’Armée des frontières au Maroc à l’âge de 19 ans.
Il fit son instruction militaire à l’École des cadres de l’ALN de Dar El Kebdani, puis il devint « contrôleur » pour la direction de la Wilaya V (au Maroc), sa tâche consistait « à plaider la cause de l’ALN » auprès des populations rurales algériennes pour en obtenir le ralliement. Il se consacrera à cette fonction de contrôleur durant dix mois, entre 1957 et 1958.
En 1958 il fut promu par Houari Boumédiène et devint secrétaire administratif au sein du poste de commandement de la Wilaya V (au Maroc) puis secrétaire particulier de Boumédiène au PC de la Wilaya V, mais aussi au PC de l’état-major Ouest et au PC de l’état-major général (1960).
En 2002 et 2005, l’homme politique français Pierre Messmer, ancien ministre des armées de Charle de Gaulle, l’accuse d’avoir planifié en 1962 le massacre des Harkis. Massacre qui au demeurant s'inscrivait dans une logique de vendetta et ne fut jamais planifié mais simplement le résultat de la vindicte populaire et de l'abandon criminel des harkis par la France dans lequel Pierre Messmer a une très lourde reponsabilité. (Source: Les harkis à Paris, Paulette Péju Préface de Pierre Vidal-Naquet, éd. La découverte)

En septembre 1962, il devient, à 25 ans, ministre de la jeunesse et du tourisme dans le gouvernement du président Ahmed Ben Bella. Membre de la première Assemblée constitutionnelle, il est élu député de Tlemcen aux première et deuxième Assemblées législatives. Après le congrès du FLN d’avril, il est nommé membre du Comité central et du bureau politique du FLN.
À partir de l’année 1963 il est appelé à effectuer de nombreuses missions à l’étranger comme ministre des Affaires étrangères par intérim. En juin 1963, il est confirmé dans ses fonctions. Dès lors il s’en suit une période durant laquelle le jeune ministre des Affaires étrangères (à l’époque plus jeune ministre de ce département au monde) dirigera la diplomatie algérienne, une diplomatie qui faisait de l’Algérie un pays porte-parole du tiers monde et l’interlocuteur privilégié dans les rapports entre le Nord et le Sud, au cours de la même période il obtiendra sa plus grande consécration en présidant la 23e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Il conclura à ce titre avec la France, au nom de la République algérienne (démocratique et populaire), l’accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, pierre angulaire de la politique de grande émigration algérienne. Il gardera son poste jusqu’à la mort du président Houari Boumédiène.
Le président Chadli Bendjedid le nomme ministre d’État en 1979. Bouteflika est néanmoins peu à peu écarté de la scène politique qu’il quitte en 1981. Il est traduit devant le conseil de discipline du FLN. Il choisit de s’exiler pendant 6 ans dans un contexte politique hostile et d’incrimination par la Cour des comptes de sa gestion du ministère des Affaires étrangères (voir plus bas pour tous les détails de cette affaire).
Il est de retour en Algérie en janvier 1987 et prend part au congrès du FLN de 1989 qui l’élit membre du Comité central.
Pressenti pour occuper des fonctions de ministre, il décline ces propositions, comme il ne donne pas suite, en 1994, aux sollicitations dont il est l’objet en vue de son accession aux fonctions de président.

En décembre 1998, il fait part de sa décision de se présenter, en qualité de candidat indépendant à l’élection présidentielle anticipée. Bouteflika est élu président le 15 avril 1999 lors d’un scrutin au cours duquel ses adversaires se retirent, dénonçant les conditions d’organisation du vote. Il est réélu président en 2004 au 1er tour de l’élection. En 2005, Bouteflika est nommé président d'honneur du FLN par le huitième congrès du parti.

Les deux mandats du président Bouteflika sont marqués par une ferme volonté de civiliser le régime. La professionnalisation de l’armée, la mise à la retraite de hauts gradés et la promotion d’hommes neufs, proches du chef de l’État, vont dans ce sens. Mais la répression des émeutes de Kbylie (printemps noir) ente avril 2001 et 2002 discrédite l’image de l’État. En août 2005, la nomination au poste d’ambassadeur à Rabat du général Larbi Belkheir, ex-directeur de cabinet de Bouteflika, traduit également une reprise en main de l’armée par le pouvoir civil.
En 2005, Bouteflika convoque pour le mois de septembre un référendum pour faire adopter un ensemble de mesures dont le but est de restaurer la paix civile en Algérie. Il propose ainsi de reconnaître le droit à des réparations aux familles de disparus, d’accorder une forme d’amnistie pour les membres de groupes armés non coupables de massacres et de créer une aide pour les veuves et orphelins de membres de groupes armés tués. Durant la campagne pour le référendum, menée tambour battant, l’opposition et les familles des victimes ainsi que les associations des Droits de l'homme sont écartées du débat. Les média restent hermétiques à toute contestation et entretiennent une confusion entre le droit de refuser et la trahison du pays. L’État utilise dans cette campagne tous les moyens matériels y compris les fonds publics pour le seul bénéfice des partisans du président.
Ce référendum pose tout de même le problème des personnes disparues, dont le sort ne peut pas faire l’objet d’une enquête indépendante ou internationale. L’opposition critique une mascarade électorale où, selon elle, les résultats sont connus d’avance (97,36 % de oui et 79,76 % de participation, sauf en Kabylie avec seulement 12% de participation).
Le 2 mars 2006, il fait fermer les 42 établissements francophones afin de lutter contre la « déviation linguistique ».
En juillet 2006 Abdelaziz Bouteflika signe un décret pour gracier les journalistes poursuivis pour diffamation

L’Algérie profite depuis 1999 d’une conjoncture économique très favorable due à la hausse du prix du pétrole, l’État en profite pour mener une politique de grands travaux : réalisation de grands chantiers, construction de grandes infrastructures publiques. Peuvent être cités la construction d’un nouvel aéroport à Alger, les projets urbains de circulation dans les métropoles, l’autoroute est-ouest, ainsi que le parc mobilier qui a donné un boom sans précédent.
Cette politique de grands travaux semble relancer l’économie, mais certains observateurs restent méfiants par rapport à cette politique qui n’encourage pas l’entrepreneuriat privé.
Le pays est devenu un immense chantier de construction, ainsi plusieurs entreprises étrangères s'installent en Algérie pour prendre leur part du gâteau d'un programme économique ambitieux qui s'élève a 150 milliards de dollars, ainsi 1 million de logements sont programmés pour la période de 2004 à 2009, le chantier de l'autoroute Est-Ouest qualifié de chantier du siècle est projeté à être finalisé pour fin 2008, pour un investissement de 16 milliards de dollars.

Étant lui-même diplomate de carrière, il se donne la gageure de réhabiliter l’image de l’Algérie dans le concert des nations. Ayant acquis l’intime conviction que l’Algérie constitue l’un des quatre points cardinaux de l’Afrique, il s’intéresse beaucoup aux problèmes de ce continent, et initie à cet effet l’idée du NEPAD, qui est adoptée et suivie par la majorité de ses pairs africains. Il procède aussi à une médiation entre l'Erythrée et l’Ethipie (en guerre depuis 1997) qui est couronnée par la signature de l’accord de paix d’Alger en 2000.
Le problème du Sahara occidental lui fait du surplace le Maroc et l’Algérie se cramponnant chacun sur leurs positions respectives. Si l’Afrique du Sud a reconnu la RASD,Madagascar, le Tchad la Serbie-Monténégro, le Kenya et le Costa Rica ont retité ou gelé la leur, et ce conflit ne semble pas sur le point d’être résolu à court ou moyen terme, obérant par là même la construction d’un ensemble économique cohérent au Maghreb. Les relations avec le voisin Marocain restent très tendues.
Il se préoccupe aussi des relations de son pays avec les Etat-Unis, avec lesquels il entend coopérer dans tous les domaines. Après les attentat du septembre 2001, Bouteflika propose au terme d’une entrevue avec le président George W.Bush, la coopération de son pays dans le domaine de la lutte antiterroriste, domaine de coopération qui s’avère fructueux eu égard à l’expérience acquise par l’Algérie dans ce domaine.
Avec la France, le président Bouteflika cherche à établir une politique d’apaisement, l’entrevue qu’il a avec le président français Jacque Chirac en 2003 à Alger, débouche sur une entente pour la signature d’un traité d’amitié entre les deux pays, mais le vote de la loi du 23 février 2005 par le parlement français, constitue une pierre d’achoppement pour la signature de ce traité, Bouteflika dénoncera de son côté cette loi qu’il qualifie de cécité mentale, confinant au négotionnisme et au révisionnisme.

Le 22 décembre 1981, Bouteflika est poursuivi pour « gestion occulte de devises au niveau du ministère des Affaires étrangères» (entre 1965 et 1978) par la Cour des comptes. Dans son arrêt définitif du 8 août 1983, la Cour des comptes donnait son verdict : « M. Abdelaziz Bouteflika a pratiqué à des fins frauduleuses une opération non conforme aux dispositions légales et réglementaires, commettant de ce fait des infractions prévues et punies par l’ordonnance n° 66-10 du 21 juin 1966 et les articles 424 et 425 du Code pénal. » (El Moudjahid du 9 août 1983.) La Cour des comptes évaluait à « plus de 6 milliards de centimes » (l’équivalent de 100 milliards de centimes actuels) le montant dont Bouteflika restait redevable auprès du Trésor.
Pour sa défense, Bouteflika invoquera aux magistrats de la Cour des comptes la construction d’un nouveau siège du ministère des Affaires étrangères pour laquelle il destinerait la trésorerie amassée sur les comptes suisses. la réponse de la cour : « Ce motif fallacieux ne peut être pris en considération sachant qu’une opération d’investissement obéit à des règles bien précises qu’aucun ordonnateur ne peut ignorer et que l’éventuelle construction d’un nouveau siège du ministère des Affaires étrangères doit être financée par des crédits normalement inscrits au budget de l’État.» (El Moudjahid du 9 août 1983.)
Kabylie
Dès sa première élection, les deux partis politiques majoritaires en kabylie (le FFS Le RCD) boycottent les élections, le taux d’abstention atteignant 95 % dans cette région de l'Algérie. Dans un de ses discours en Kabylie il dit : « De loin, je vous voyais très grands, mais... Vous n’êtes que des nains ».
Pour promouvoir sa politique de « concorde nationale », le jeudi 2 septembre 1999 il visite Tizi ouzou face à une foule hostile Il dit « Si le tamazight devait devenir langue nationale, elle ne sera jamais officielle. Si elle devait devenir langue nationale, ce serait par voie référendaire ». La foule proteste et Bouteflika rajoute « Si vous êtes venu faire du grabuge, je suis capable de faire autant de grabuge que vous ».
En 2001, des émeutes éclatent en Kabylie (le Printemps noir). Un mouvement politique utilise le mécontentement populaire : les Arouch. Le gouvernement de Bouteflika y voit la « la main de l’étranger ». La répression du mouvement fait 126 morts et des milliers de blessés, finalement Bouteflika reviendra sur ce qu’il a dit en 1999 et fera de tamazight langue nationale sans passer par un referendum.
Les élections législatives de 2002 et les présidentielles de 2004 sont boycottées par les kabyles suite à l’appel des Arouch.
Juste avant le referendum sur la réconciliation nationale en 2005, le gouvernement de Bouteflika dirigé à l’époque par Ouyahia trouve un accord avec les Arouch. Abrica dira même que « la plateforme d’el ksour sera bientôt satisfaite (...) y compris tamazight », mais la veille du referendum Bouteflika donne un discours à Constantine : « Il n’y a aucun pays au monde possédant deux langues officielles et ce ne sera jamais le cas en Algérie où la seule langue officielle, consacrée par la Constitution, est l’arabe ». Il sera vivement critiqué par la presse et le mouvement bérbériste qui lui rappelle que de nombreux pays dans le monde, comme l’Inde, la Suisse,Israel ou l’Afrique du sud, possèdent plus d’une langue officielle. Le referendum sera finalement boycotté par 95 % des kabyles, le même nombre qu'auparavant

Hospitalisé au Val-De-Grâce le 26 nevembre 2005, il est, d’après le bulletin de santé officiel, opéré d’un ulcère de l’estomac. Durant cette période, les informations sont très rares et l’état du président fait l’objet de spéculations dans l’opinion et la presse de son pays. La sortie du président Bouteflika a lieu le 17 décembre. Un document télévisuel vise alors à rassurer l’opinion, bien qu’il doit suivre une convalescence d’une durée indéterminée. Il montre le président fatigué en compagnie de son médecin traitant Messaoud Zitouni qui donne des informations sur la nature de la maladie et des soins qui lui ont été prodigués. Il vise par ailleurs à contredire et mettre un terme aux spéculations et rumeurs ayant circulé à ce sujet. Il rentre en Algérie le 31 décembre 2005.Il est de nouveau hospitalisé au Val-de-Grâce le 20avril 2006 pour une « visite de suivi médicale » selon le Quai d'Orsay. depuis le président Algérien a repris ces fonctions, et a effectué plusieurs visites à l'extérieur comme à l'intérieur du pays.

Liamine Zéroual ( le 6 eme president algerien)


Liamine Zéroual الأمين زروال:est un homme d'Etat algérien né le 3 juillet a Batna1941.Militaire de formation, il est promu général des forces armées de son pays en 1988 et devient Ministre de la défense en 1993. Nommé en période de crise Chef d'État en 1994, il est élu de novembre 1995 à avril 1999 président de la République algérienne.
Très tôt il participe à la Guerre d'Algérie ; en 1957, âgé de 16 ans, il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), branche militaire du Front de libération nationale (FLN), pour combattre l'armée française. Après l'indépendance de l'Algérie, Liamine Zéroual part suivre une formation militaire au Caire en Egypte, puis à Moscouen Union Soviétique (1965-1966) et enfin à Paris. Diplômé de l’école militaire de Moscou et de l’école de guerre de Paris, il exerce différentes fonctions au sein de l’Armée nationale populaire (ANP).D’abord commandant de l'École d'application des armes de Batna (1975), puis de la prestigieuse Académie interarmées de Cherchell (1981), il devient commandant d'importantes régions militaires : en 1982 au Sahara (à Tamanrasset) puis à Béchar sur la frontière marocaine en 1984 et enfin àConstantine en 1987.Élevé au rang de général en 1988, il est promu à la tête des forces terrestres en 1989. Il est cependant remercié dès 1990 par le président Chadli Bendjedid, en désaccord, notamment avec le général Khaled Nezzar, à propos d'un plan de réorganisation de l'armée algérienne. Liamine Zéroual est alors muté en Roumanie comme ambassadeur d’Algérie, mais quitte rapidement le poste et retourne s'installer à Batna en se retirant de la vie publique.

En juillet 1993, il est rappelé au poste de Ministre de la défense nationale dans le gouvernement du Haut comité d'Etat (HCE) créé à la suite de la destitution du président Chadli par l'armée et de l'interruption du processus électoral en janvier 1992,remplaçant ainsi Khaled Nezzar. Partisan d'un dialogue avec tous les partis politiques du pays pour trouver « une solution consensuelle à la crise », il rencontra plusieurs fois les principaux dirigeants du Front islamique de salut (FIS) emprisonnés.Au sein du commandement militaire, entre les « réconciliateurs » favorable au dialogue et les « éradicateurs » partisans de la répression sans faille contre les islamistes, la personne de Liamine Zéroual apparait comme un compromis, et c'est à ce titre qu'il est désigné le 30 janvier 1994 à la tête de l'État par le HCE, remplaçant Ali Kafi, pour assurer la période de transitionne. 15 janvier 1995, il doit faire face à des nouvelles pressions diplomatiques internationales engendrées notamment par le contrat de Rome, dit de San Egidio, signée par les leaders politiques de l'opposition dénonçant la main mise militaire de l'État. Ainsi, dans le but de restaurer la légitimité perdue des institutions de l'État, il organise une élection présidentiel en 1995, la première à scrutin pluraliste en Algérie.

Remportant l'élection, il est élu Président de la République le 16 novembre 1995 avec 61,3% des voix. Ayant fait le constat de l'échec du rapprochement avec les représentants modérés du FIS dissout, eux-mêmes dépassés par l'émergence d'importants groupes terroristes, meurtriers, comme le GIA, Liamine Zéroual rompt le dialogue avec les islamites et mène une politique d'« éradication des groupes terroristes ».La révision constitutionnelle de novembre 1996 augmente considérablement les pouvoirs du président de la République, et tend à fermer le champ politique à l'opposition. Des proches du président, et sous sa direction, fondent le 21 février 1997 le Rassemblement nationale démocratique (RND), à la veille des élections législatives algériennes du 5 juin 1997. Le parti RND y remporte une large majorité, et appui le pouvoir de Liamine Zéroual. Mais des tensions de plus en plus présentes au sommet de l'État amènent Liamine Zéroual à se retirer. Il annonce ainsi, le 11 septembre 1998, dans son discours à la nation la tenue d’élection présidentielle anticipée pour février 1999 (normalement prévue pour 2000), auxquelles il déclare ne ne pas se présenter. Il quitte la présidence de la République le 27 avril 1999. Son successeur est un ancien ministre et proche de Houari Boumédiène, du FLN, Abdelaziz Bouteflika.

Ali Kafi ( 5eme president de l'Algerie)


Ali Kafi :né le17 octobre 1928 à Skikda.Il est un homme politique algérien. Militant du FLN durant la guerre de l'Algérie, après l'indépendance il exerce comme ambassadeur d'Algérie dans plusieurs pays, et devient, de juillet 1992 à juin 1994, chef du Haut Comité d'État, organe transitoire de la gestion de l'État.
En 1946, il est envoyé dans une école coranique réputée de Constantine, l'Institut Kettenia. Marqué par les massacre de Sétif de 1945, adhérant rapidement aux idées nationalistes du Parti du peuple algérien (PPA), il y forme avec d'autres étudiants une cellule militante. Diplômé « El Ahlia » en 1950, il part en Tunisie renforcer sa formation dans la grande université islamique de la Mosquée Zitouna. Il y côtoie les milieux nationalistes tunisiens et participe à plusieurs actions militantes. Expulsé de Tunisie en 1952, il purge alors une peine de six mois de prison pour ses activités.

Libéré, il reprend ses activités nationalistes, et est nommé enseignant dans une école libre de Skikda tenue par le Mouvement pour le tiomphe des libertés démocratiques en Algérie (MTLD). Le 1er novembre 1954, au déclenchement de la guerre d'Algérie, Ali Kafi est contacté par Didouche Mourad, responsable FLN de la zone II (Nord Constantinois). Il intensifie alors son action militante à Skikda et rejoint l'Armée de libération nationale (ALN). Sous les ordres de Youcef Zighoud, à la tête de la wilaya II après la mort de Didouche Mourad, il participe à l'insurrection du Contantinois de 1955 entrant dans la lutte armée. En août 1956, il fait parti de la délégation de la wilaya II du congrès de la Soummam, qui met en place les structures administratives et militaires du mouvement indépendantiste. Il devient alors représentant militaire, puis colonel, et enfin commandant de la wilaya de 1957 à 1959. En mai 1959, il fait parti des dix colonels chargés de l’organisation des opérations militaires de l’ALN à Tunis, où il s'installe jusqu'à l'indépendance algérienne. Durant la crise de l’été 1962, il soutient le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de Benyoucef Benkhedda face au bureau politique du FLN de Ben Bella.

Après l'indépendance, il est nommé ambassadeur d'Algérie dans plusieurs pays, au Liban en 1963, en Syrie en 1966, en Tunisie en 1975 et représentant algérien la même année de Ligue Arabe alors installée à Tunis, et également en Egypte, en Irak et en Italie. En 1990, il devient secrétaire général de l'Organisation nationale des Moudjahidines (combattants algériens durant la guerre d'Algérie). Le 11 janvier 1992, après la destitution du président Chadli Bendjedid l'armée met en place un Haut comité d'État (HCE), organe provisoire de la gestion de l'État, et Ali Kafi en est nommé membre. En pleine « Decennie noire », le 2 juin 1992, il succède à Mouhamed Boudiaf, assassiné, à la présidence du HCE. Devenant de plus en plus entreprenant, il entame notamment sans concertation un dialogue avec les partis politiques, une conférence du HCE décide alors de le remplacer. Il remet des pouvoirs de Chef d'État à Liamine Zéroual le 30 juin 1994. Ali Kafi publie ses mémoires en 2002 dans un ouvrage intitulé Du militant politique au dirigeant militaire où il revient notamment sur de nombreuses zones d'ombres de la « révolution algérienne », ouvrage pour lequel il sera lourdement critiqué notamment pour ses révélations, jugées offensantes, entre autres sur Abane Ramdane.

Mohamed Boudiaf ( 4eme presidant de l'Algerie)


Mohamed Boudiaf محمد بوضياف:était un homme d'Etat algérien. Membre fondateur du Front de libération (FLN) et un des chefs de la « révolution algérienne », il entre en opposition contre les premiers régimes mis en place à l'indépendance de son pays, et s'exile durant près de 28 ans. Rappelé en Algérie, en 1992 en pleine crise politique, à la tête de l'État, il est assassiné quelques mois après ses prises de fonction.

Mohamed Boudiaf est né le 23 juin 1919 à Ouled Madi dans l'actuelle wilaya de M'Sila en Algérie. Après avoir effectué ses études à M'sila, il devient fonctionnaire et occupe une fonction dans l'administration. Adjoint dans l'armée française, en 1942 durant la seconde guerre mondial il est commis au service des contributions à Jijel. Après les massacres de Sétif de 1945, il s'engage dans les mouvements nationalistes algériens, et adhère au Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, puis participe à la création de l’Organisation spéciale (OS), branche armée secrète du Mouvement pour le triomphe des libératés démocratiques (MTLD). Vers la fin de 1947, il en constitue une cellule pour le département de Constantine. L'OS est démantelée par la police française en 1950, et avec les autres membres dirigeants de l'organisation, il est jugé et comdamné par contumace pour ses activités militantes. En 1952, il est muté en France par le MTLD où il milite au sein de la communauté immigrée algérienne.
Guerre d'Algérie
Il rentre en Algérie en mars 1954 et crée, avec huit autres militants, plus-tard les « chefs historiques du FLN », avec pour objectif l'indépendance de l'Algérie par la lutte armée, le Comité révolutionnaire d'unité d'action (CRUA) dont il est élu président. Après l'échec du CRUA, il fait parti, une nouvelle fois comme coordonnateur général, du « groupe des 22 », qui organise la préparation de la lutte armée désormais certaine. Titulaire de la carte n°1 du Front de libération nationale (FLN), crée pour rassembler dans la lutte les différentes forces nationalistes, il est décidé comme date du déclenchement des « hostilités » le 1er novembre 1954 – date qui marque le début la guerre d'algérie. À l'issue du congrés de Soummam août 1956 il devient membre du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne). Le 22 octobre 1956, il est arrêté, avec d'autres chefs du FLN, par l'armée française suite au détournement de l’avion civil marocain qui le menait vers la Tunisie. Il dirige alors depuis sa prison la fédération de France du FLN et est nommé en 1958 ministre d’État du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), à sa création, puis vice-Président en 1961. Il est libéré le 18 mars 1962 après les accords d'Evian
Exil politique
À l'indépendance en juillet 1962, il entre en désaccord avec Ben Bella, soutenu par le commandement de l'Armée de libération nationale (ALN) de l'extérieur, qui crée un bureau politique du FLN pour remplacer le GPRA. Le 20 septembre 1962, alors que le bureau politique constitue la première assemblée nationale algérienne, Mohamed Boudiaf fonde en opposition son propre parti, le Parti de la révolution socialiste (PRS). Le 23 juin 1963, il est arrêté, puis contraint à l'exil dans le sud algérien où il est détenu plusieurs mois avant d'être libéré. Condamné à mort en 1964 par le régime Ben Bella, il quitte l'Algérie et rejoint la France puis le Maroc. Il œuvre au sein de son parti, et anime à partir de 1972 entre la France et le Maroc plusieurs conférences où il expose son projet politique pour l'Algérie, et anime la revue El Jarida. Son livre Où va l'Algérie, qui livre un témoignage lucide sur l'après-indépendance et la prise du pouvoir par les militaires, résume ses propositions politiques. En 1979, après la mort de Houari Boumédiène, il dissout le PRS et va se consacrer à ses activités professionnelles en dirigeant à Kénitra au Maroc une briquèterie.

Le 14 janvier 1992, après la démission du président Chadli Bendjedid, Mohamed Boudiaf est rappelé en Algérie pour devenir le président du Haut Comité d'État (HCE), en charge provisoire des pouvoirs de Chef d'État. Par son long exil, il apparaissait en effet paradoxalement comme un homme neuf, non impliqué dans les tribulations de la dictature algérienne et donc susceptible de sortir le pays de l’impasse. Souhaitant une Algérie démocratique tournée vers la modernité, il disait vouloir mettre fin à la corruption qui gangrénait l'État. Mais Mohamed Boudiaf est assassiné six mois plus tard, le 29 juin 1992, lors d'une conférence des cadres qu'il tenait dans la ville d'Annaba. Un sous-lieutenant du groupe d'intervention spécial (GIS), Lambarek Boumaarafi, jeta une grenade et toucha mortellement le président. La motivation de son assassinat est sujet à controverse, entre la piste d’une action isolée commise par un militaire ayant des sympathies islamistes et celle d’un complot plus vaste impliquant des généraux de l'armée.


Chadli Bendjedid (3eme president de l'Algerie)


Chadli Bendjedid شاذلي بن جديد: né le 14 avril 1929 à Seba'a Wilaya El Taref en Algérie, est un homme militaire (colonel), politique; rejoint très tôt le FLN et l'ALN: il exerça plusieurs fonctions et responsabilités durant la révolution (1954-1962).
- A l’indépendance, il commande la région militaire de Constantine, pour prendre en charge celle d’Oran en 1964. Après le coup d'Etat militaire du 19 juin 1965 du colonel Boumediene, il devient membre du conseil de la révolution; quelques temps après il s'installe comme chef militaire de la seconde région militaire - avec comme chef lieu la ville Oran.
- Il ne quittera plus ce poste jusqu'à la mort de Boumediene, ou il est préféré à Abdelaziz Bouteflika - alors ministre des affaires étrangères et Mohamed-Salah Yahiaoui - chef du parti FLN (front de libération national) pour exercer la fonction du président de la République; Son accession au pouvoir a été facilité par un conclaves de militaires.
- Il sera élu trois fois comme président de la république; d'où il est le seul président a avoir exercé cette fonction durant 13 années; le colonel Boumediene a géré le pays pendant 13 années aussi, mais uniquement pour 04 ans en tant q'"élu par le peuple" (il a été élu en 1976): pendant 11 années, il gérait le pays des suites du coup d'Etat de 1965.
- Chadli Benjedid se présente pour beaucoup comme un homme courageux, modeste, et sportif (plongée sous marine).
- Il a pris la décision de libérer le premier président de la république, Ahmed Benbella, emprisonné par Boumediene depuis le coup d'Etat; il a pris la décision de "faire rentrer" l'opposition au pays: comme le cas d'Ait-Amed et Boumaza (hommes historiques)…; et il se débarrassa très vite des tous les membres du conseil de la révolution, et plus tard de certaines autres personnes gênantes.
- Sans beaucoup de culture (handicap réel pour Chadli dans la compréhension des différents phénomènes de la vie); mais son "intuition" l'aida dans son parcours politique; son expérience dans les rouages de l'Etat – avant son accession à la fonction suprême de l'Etat -, l'aida aussi à gérer le pays dans une "nouvelle" expérience.
- Beaucoup de militaires se sont vu sous son règne prendre du pouvoir, tel que Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohammed Lamari, Mohammed Touati, et autres. Ils figurent tous dans la liste de sous-officiers promus sous-lieutenants par l'armée française et qui ont fait l’objet de vagues successives de "désertion" de l'armée française pour rejoindre le FLN en Tunisie en 1958, 1959 et 1961.
- Il a été accusé par beaucoup de la faillite du pays, on a posé l’épithète « la décennie noire » de l’Algérie, pour qualifier sa gestion. En l’espace d’une décade, Chadli était devenu une coqueluche du peuple, pour raconter des blagues du genre, « il était une fois chadli ».
- Il a été le père de l’affaiblissement volontaire des appareils répressif de l’état. Il a affaibli le pouvoir de la DGSN (la police), qui était aussi important que celui de la sécurité militaire pendant l’ère Boumediene, et a souvent appliqué le principe de « Diviser pour mieux régner », tel que division la fameuse sécurité militaire en trois, ce qui amoindrit fortement le pouvoir de cette structure.
- Il est présenté aussi comme étant le père de l'initiative démocratique en l'Algérie dans les années 1980, il met fin ainsi au système du parti unique, engage le pays dans le multipartisme (quoique toujours dépendant de l'Etat), libère la société de la police politique ou du moins c'est ce qu'il a essayé de faire, met fin à toute autorisation de quitter le territoire, une allocation devise est même fixé à tout citoyen voulant partir à l'étranger en touriste, l'alégérien partait même en voyage juste pour toucher cette allocation.
- Sur le plan économico-social, il a réalisé quelques infrastructures par la construction des autoroutes (quoique modestes), mais qui ont rendu beaucoup de services aux usagers; les barrages; les logements, et le monument du martyr, etc. D'un autre côté, il a accompli un changement radical de la politique de son prédécesseur, Boumediene. Deux des six projets de zone industrielle ont été annulé, il favorisa les importations au détriment du développement local national, beaucoup des secteurs productifs se sont vu effondrés.
- la chute des prix du pétrole à partir de 1986 mettra fin à cette politique socio-économique;
- En diplomatie, il prend Mohammed-Seddik Benyahia comme ministre des affaires étrangères, avec comme objectif la mise en œuvre d' un dispositif pour rééquilibrer les relations extérieures de l'Algérie, notamment en matière d'armement. Ainsi, les USA vont être au centre de cette nouvelle politique extérieure; Chadli sera même le premier président de l'Algérie a se rendre en visite officielle aux USA du temps du président Reagan; les relations avec ce grand ne cesseront de se renforcer, notamment depuis le rôle remarquable qu'avait joué l'Algérie dans le dénouement des otages américains à Téhéran (Iran)...
- après les événements d'octobre 1988 (ras le bol du peuple), il sera affaibli; ca a permis d'engager le pays sur une nouvelle expérience politique – "la voie démocratique".
- après les événements de janvier 1992, il fut assigné à résidence surveillée.
- les militaires de l'époque, que lui-même a placé, décident d'interrompre le processus électoral qui a permis au FIS de gagner aux élections législatives, ce qui a engendré la société dans des affrontements qui mèneront le pays à la "guerre civile", guerre qui va durer dix ans. La montée du FIS s'est faite grâce à Chadli, qui voulait cohabiter ave le FIS dans le cadre des lois de la république.
-L'approche politique dégagée avec son premier ministre - Mouloud Hamrouche, tient toujours: les développements politiques de la crise algérienne au lendemain de l'annulation du second tours des élections législatives de janvier 1992, confirment la perception du tandem Chadli-Hamrouche concernant la construction d'une "autre" Algérie ouverte et moderne...
- Depuis son départ, il a donné deux déclarations, et une interview au journal arabophone Al'Mohaqaq (l'enquêteur).
- Il faut signaler aussi que c'est le seul président algérien qui a géré le pays en maître jusqu'à octobre 1988; Boumediene n'était pas libre de ses mouvements; il était en effet "prisonnier", en quelques sortes, des membres du conseil de la révolution...
- Fatigué, il vit à l'écart de la politique, avec sa famille et "peu" d'amis.
- Chadli, reste un homme politique important pour comprendre l’algérie d’aujourd’hui.

Houari Boumédiène (2eme president de l'Algerie)


Houari Boumédiène:né le 23 août 1932 à Aïn Hesseinia, près de Guelma en Algérie, dans une famille pauvre du Constantinois, il connut déjà très jeune les événement sanglants du 8 mai 1945 à Sétif et à Guelma, dont il dit plus tard : « Ce jour-là, j'ai vieilli prématurément. L'adolescent que j'étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu'il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là. »
Durant les années quarante, il entreprit des études coraniques à l'institut Kettania de Constantine, puis les poursuivit à l'institut Zitouna de Tunis ; il se dirigea par la suite vers l'institut al-Azhar du Caire.
En 1955, il retourne en Algérie où il rejoint les rangs de l'ALN (Armée de libération nationale). Très vite, il se fait remarquer et occupe le poste de Chef d'état-major. Une fois l'indépendance acquise, il devint vice-président et ministre de la Défense du Conseil de la Révolution qui est alors présidé par Ben Bella. Ne partageant pas les orientations politiques de ce dernier, il décide le 19 juin 1965 de mener un coup d'Etat au terme duquel il devient le nouveau président de l'Algérie. Sous sa direction, il entreprit plusieurs actions en vue d'estomper sur le plan intérieur, les tensions nées de la guerre d'indépendance. En 1968, il réussit à faire évacuer la dernière base militaire occupée par la France à Mers el Kébir (Oran) ; alors que sur le plan économique, il opte pour le modèle socialiste, il construisit sur la base de ce choix beaucoup d'usines et d'écoles, et contribua surtout, le 24 février 1971, au nom du principe de la récupération des richesses nationales, à la nationalisation des hydrocarbures, au grand dam de la France.
Cette nationalisation réussie conféra à Boumédiène une importante dimension internationale; En effet, Boumédiène venait de réussir là où l'Iranien Mossadegh avait échoué. L’année 1973 lui donne une nouvelle fois l’occasion d’affirmer son influence sur le plan international en organisant avec succès le sommet des non-alignés auquel les plus grands dirigeants du Tiers-Monde de l’époque ont assisté, il s’en suit dès lors une période durant laquelle l’Algérie de Boumédiène offrit un soutien très actif aux différents mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et c’est en véritable leader du Tiers Monde qu’il se déplaça en 1974 à New-York, pour prendre part à une réunion spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les matières premières qu’il a lui-même convoquée au nom des non-alignés, il prononça à cette occasion un discours par lequel il exposa une doctrine économique, appelant entre autres à l’établissement d’un nouvel ordre économique international plus juste, qui prendrait en compte les intérêts du Tiers Monde. En 1975 il accueille le premier sommet de l'OPEP par le biais duquel les membres du cartel ont pu définir une politique pétrolière concertée. Dans le sillage de cette même réunion, il parvint à sceller la paix entre l'Iran du Chah et l'Irak de Saddam Hussein. Sur le plan intérieur, il fit voter en 1976 une charte en vertu de laquelle il promulgue la constitution d'une Assemblée législative ainsi que la création du poste de président de la République, soumis au suffrage universel.
À partir de l'année 1978, les apparitions publiques du président Houari Boumédiène se font de plus en plus rares, il s'est avéré qu'il souffrait d'une maladie du sang, la maladie de Waldenstrom, mais il reste que très peu de choses ont été dites à propos des circonstances qui entourèrent sa mort, qui survint le 27 décembre 1978.