05/09/2007

Jijel




La wilaya de Jijel (18) est un collectivité territoriale algérienne située à l'est de la Kabylie, à un peu plus de 350 km de la capitale Alger. En phénicien elle se dit Igilgili.


La région de Jijel a été le carrefour de plusieurs civilisations dont les traces se trouvent ici et là sur son territoire.

Période phénicienne [modifier]
Le nom même de la ville 'Igilgili' trouve son origine dans l'ère pré-romaine. Le préfixe « I » se réfère dans les toponymes phéniciens à l'existence d'îlots sur le littoral. Tandis que le radical « Gilgil » désigne un cercle de pierre. Cependant, de multiples noms ont été attribués au fil des diverses occupations : Igilgilis, Djidjel, Djidjelli et enfin Jijel.

Période romaine [modifier]
La fondation de la ville vers le VIe siècle avant J.C est attribuée aux carthaginois, elle prend le nom d'Igilgilis en devenant colonie romaine sous l'empereur Auguste et faisant partie de la Mauritanie Sétifienne au moment ou cette dernière fut détachée de la première vers l'an 290.
La ville était reliée à l'antique Saldae (Bejaia) par une voie de communication. Elle eut de nombreuses relations maritimes et terrestres qui contribuèrent à sa prospérité au IIIe et IVe siècle. Son port était le point de débarquement des troupes romaines et d'embarquement des blés de la région Sétifienne.
La décadence progressive de l'empire romain facilitait la libération des populations berbères autochtones qui recouvrèrent peu à peu leurs habitudes ancestrales. On ne sait presque rien de la ville au Ve et VIe siècle.

Période byzantine [modifier]
L'invasion vandale (429) ne s'y arrêta pas. Aucun vestige des VIe et VIIe siècle n'a été retrouvé, mais il est vraisemblable qu'à cette époque, les Byzantins (533) purent occuper la ville pour l'intêret stratégique qu'elle offrait.

Période musulmane [modifier]
Au VIIe siècle Jijel devient place arabe dépendante de Kairouan dominée par la dynastie des Aghlabides. Au Xe siècle, les Kotamas, puissante tribu berbère du sud de Jijel s'allia aux Fatimides et renversèrent le pouvoir de Kairouan (913) avant de s'installer au Caire.
Après le départ des Fatimides, Jijel tomba sous le contrôle successif des Zirides de Kairouan (973) puis des Hammadides de Béjaïa (1007) et enfin sous celui des Almohades en 1120.

Commerce avec les républiques italiennes [modifier]
En 1145, les Normands commandés par Roger II débarquèrent à Jijel d'où ils furent chassés en 1155, mais la ville ne cessa de recevoir le flux occidental. Les trois grandes républiques Italiennes de l'époque (Venise - Gênes - Pise) amorçaient leur renaissance maritime et commerçaient avec le port. Devant l'anarchie du pouvoir Arabe, les Pisans s'installent vite supplantant les Génois qui demeureront jusqu'à la veille de la reconquête par les Turcs.

Période turque [modifier]
En 1514, Baba Arroudj (Barberousse) dirige une flotte sur Jijel, y établit son quartier général à partir duquel il délivre Béjaia de la domination Espagnole en 1515 et part sur la conquête d'Alger en 1516. En 1611, les Espagnols harassés par les procédés des janissaires Jijeliens qui ravagèrent leurs côtes envoyèrent sous les ordres du marquis de Santa Cruz une flotte qui incendia Jijel. La ville fut reprise l'année même.
En 1664, le 23 juillet sous le règne de Louis XIV, une expédition française dirigée par le Duc de Beaufort, petit fils naturel d'Henri IV débarqua et prit la ville. La résistance s'organisa sous la direction de l'Agha Chabane et les Français furent chassés en Octobre de la même année. Plusieurs furent faits prisonniers. Certains furent rachetés par leurs familles en payant une rançons. D'autres, qui n'avaient pas été rachetés restèrent comme esclaves et furent affranchis par la suite et devinrent des marins émérites et participèrent même à la course sous la direction des corsaires jijeliens.

Période française [modifier]
Le 13 mai 1839, soit 9 années après la prise d'Alger et deux années après la prise de Constantine, les troupes françaises débarquent à Jijel. La résistance à ces troupes a été marquée par les offensives menées par les Jijeliens durant des décennies : 1841 - 1845 - 1847 et 1851. En 1871, le décret Crémieux accordant la naturalisation de tous les Juifs d'Algérie entraina le soulèvement de toute la population Jijelienne. En répression à cela, la quasi-totalité des douars insurgés (Beni Foughal, Beni Tafar etc.) a été déportée vers l'extrême Est du Pays.
La commune de Djidjelli est créée en 1860, elle dépendait de l'arrondissement de Bougie et du département de Constantine. En 1958 elle est élevée au rang de sous-préfecture successivement du département de Bougie puis de Constantine.
En 1974 elle est élevée au rang de Wilaya .


La wilaya est limitée au Nord par la mer Méditerranée à l'Ouest par la Wilaya de Béjaïa, à l'Est par la Wilaya de Skikda, au Sud-Ouest la wilaya de Sétif, au Sud par la Wilaya de Mila et enfin au Sud-Est par la Wilaya de Constantine.
Les plaines côtières de la région de Jijel sont entourées au Sud par les reliefs de la petite Kabylie. La topographie est sub-plane au niveau de la plaine de l'oued Mencha et augmente en progressant vers le sud. La plaine est située au nord, le long de la bande littorale allant des petites plaines de Jijel, les plaines d'El-Aouana, le bassin de Jijel, les vallées de Oued Kébir, Oued Boussiaba et les petites plaines de Oued Z'hour. Dans cette région, la montagne tombe souvent à pic dans la mer et forme une côte très découpée appelée Corniche jijelienne, où l'on admire caps, falaises, presqu'îles et promontoires. On y trouve aussi de très belles grottes et des gouffres encore inexplorés.
Le bassin versant culmine à 1 589 m d'altitude avec une altitude moyenne de 406,02 m. Les principales cimes montagneuses sont : Tamazgida, Tababort, Seddat, Bouazza.
La végétation du bassin versant est distinguée par une couverture forestière peu abondante constituée en majeure partie de chênes-lièges.

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